Trinités, le millénium du Verseau

Février 2001 - Quetzalcóatl - 1ère partie

5 février 2001 : Les Trinités récupère la sacoche, celle-ci contient de nombreux documents intéressants, qu’ils passeront la journée à éplucher. Léa semble plongée en catalepsie, ce qui ne perturbe pas outre mesure ses amis.

En fin d’après midi, les Trinités reçoivent un coup de téléphone de l’homme qui leur à procuré les documents, celui-ci leur propose une rencontre. Un rendez-vous est donc pris au célèbre club El hijo del Cuervo à 21h, le soir même.

Sur place, les Trinités pénètrent dans une grande salle aux allures de caravelle psychédélique, un groupe local envoûte le public de son Ranchera lyrique, sous le regard torve de quelques anciens nostalgiques. Un peu à l’écart, un homme dénote. Engoncé dans un grand imperméable malgré la
chaleur, le visage à moitié dévoré par une barbe hors de contrôle, il jette des regards paranoïaques autour de lui et essaye maladroitement de dissimuler une sacoche de cuir fripé posée à ses pieds. Lorsqu’il aperçoit les Trinités, il vérifie et re-vérifie une série de photos puis vient à leur rencontre.

L’homme se présente comme Pedro Almojavar, reporter au National Geographic, et vieil ami d’Herios Fernandez, l’homme qui a contacté les Trinités, qu’on a retrouvé assassiné de plusieurs balles la nuit précédente, au Tañiera, un bar du centre ville. Pedro est ici car il sait qu’Herios avait des problèmes. Depuis quelques semaines, il se disait traqué par une sorte de secte pseudo chrétienne, mais Almojavar avait refusé de le prendre au sérieux : la mort de sa femme l’avait affecté au point qu’un épisode paranoïaque était plus à craindre qu’un complot politico-occulte.
Maintenant, Pedro se morfond, et se montre décidé à venger sa mémoire. D’où sa présence : il savait que Fernandez avait prévu de rencontrer, des étrangers qui en savent plus long sur les événements.

Pour l’heure, il accepte volontiers de parler d’Herios, révélant qu’il s’agissait d’un journaliste d’El Universal trop honnête pour faire fortune, sans enfants, et dont la femme est décédée d’une brutale dégénérescence quelques mois auparavant ; le début de la descente aux enfers de Fernandez, que beaucoup prirent pour une forme de dépression mais à laquelle sa mort confère maintenant une toute autre teinte.

Pedro leur remet une sacoche de cuir en expliquant qu’Herios, dans un état de grande nervosité, la lui avait donnée en lui faisant promettre de la dissimuler à tout prix. Almojavar avait accepté, sans y prêter attention, dans l’espoir que cela puisse aider son ami à digérer son deuil… Mais il craint maintenant d’avoir eu lourdement tort. À l’intérieur, un fatras de notes manuscrites, de listings informatiques, de schémas complexes et de formules scientifiques. Les examiner avec attention est suffisant pour comprendre qu’il s’agit du plan de fabrication d’une bombe non conventionnelle de gros volume. Quelques recherches complémentaires, permettent de confirmer cette première mauvaise impression : il s’agit bel et bien du plan de fabrication d’une arme chimique de destruction massive, dont l’élément clé est un gaz, inconnu mais dont la formule laisse présager du degré extrême de dangerosité.

Pedro conclue en donnant aux Trinités l’adresse du domicile d’Herios Fernandez et le nom d’une autre de ses collègues et amis Vanessa Heinjar.


6 février 2001 : Les Trinités tentent de prendre contact avec Vanessa Heinjar, sans succès. Ils décident alors d’aller faire un tour au domicile d’Herios.

Herios habitait un appartement moyen de gamme, dans le quartier populaire Tlatelolco. Sur place, une constatation s’impose : ils ne sont pas les premiers à visiter les lieux. La porte d’entrée, fracturée sans délicatesse, bée. De l’autre côté, le chaos sans nom qu’on peut s’attendre à trouver dans le domicile d’un homme négligé, après une fouille musclée.
En farfouillant nos aventuriers des temps moderne mettent la main sur:
+Une photo, prise lors d’une quelconque assemblée de l’El Universal, sur laquelle on remarque Herios se tenant aux côtés d’une grande femme blonde et élégante (correspondant à la description de Vanessa Heinjar).
+Dans une tirelire à l’effigie de Santa Maria, épargnée par superstition, une clé.
+Plusieurs photos de Helena, la femme décédée d’Herios. Dans un tiroir de la chambre, plusieurs ordonnances signées « Dr Santiamarcos, Sanatorio Hospital »
+Une petite mallette, dissimulée dans le faux plafond contenant une toge cérémonielle aux couleurs vives et plusieurs amulettes, le tout semble être du toc.

Au moment le plus inopportun, les Trinités sont surprises par « la vieille Josepha », la voisine commère et loquace d’Herios. Les personnages la prennent dans le sens du poil, celle-ci accepte de les noyer de paroles, questions et jérémiades. Elle a vu, et bien vu, les hommes qui ont « causé tout ce dérangement », qu’elle décrit comme « grands comme son plus jeune fils », « brutaux comme son cadet » et portant « le même genre d’uniforme que son petit troisième » — n’oubliant pas, au passage, de s’étendre sur la vie, les succès et les échecs des-dits enfants.

Les Trinités décident d’examiner le corps d’Herios, lequel est entreposé à la morgue. En utilisant divers subterfuges capilotractés Benoît parvient à examiner le corps et le rapport du légiste : Herios est mort de trois balles de petits calibres dans le poitrine, il présenté un fort taux d’amphétamine et de somnifères dans le sang.

Plus tard dans la soirée, les Trinités sont rappelées par Vanessa Heinjar, cette dernière accepte de les rencontrer en fin de soirée, au Selectio, le restaurant se trouvant au rez de chaussée de la majestueuse tour Vallarta. Vanessa sait beaucoup de choses au sujet d’Herios, et subit lourdement le poids de sa mort. Elle conserve sa contenance, mais au prix de grands efforts. Elle peut révéler que son ami était un homme droit et rationnel, jusqu’au jour où l’on diagnostiqua à sa femme une dégénérescence nerveuse foudroyante et incurable. En l’espace de quelques semaines, le Herios qu’elle connaissait avait cédé la place à un individu secret, suspicieux et, plus étonnant encore, très croyant. Mais sa foi, découvrit-elle alors, n’était pas conventionnelle. Elle le soupçonna très vite d’être tombé dans les griffes d’une secte millénariste pseudo-paienne. Craintes confirmées le jour où le chef de son service lui attribua un avertissement pour avoir mener avec trop de zèle certaines recherches sur des personnes influentes du pays. Pour Vanessa, un gourou manipulait Herios, lui promettant monts et merveilles en l’échange de dossiers et d’informations. Ses mises en garde avaient eu pour seule conséquence que jeter un froid sur leur relation. Ce n’est qu’après la mort d’Helena qu’Herios renoua le contact avec Vanessa. Il se présenta à elle en lui répétant combien elle avait eu raison et lui tort. Il avait décidé d’avoir la peau de ses maîtres chanteurs. C’est à ce moment-là qu’il lui donna rendez-vous dans le petit studio de banlieue à l’aspect de sanctuaire d’où il menait sa guerre. Vanessa refuse de confier l’adresse des Trinités : elle tient à les y mener en personne.

Du centre historique de Mexico à sa banlieue pauvre, la transition est brutale. La chaleur n’a plus rien de sensuel ou d’agréable ici. Elle sublime la puanteur, assoit la pollution, met des nerfs déjà bien éprouvés à rude épreuve. Vanessa s’y déplace avec aisance — elle a l’habitude des reportages chocs dans les bidonvilles — mais non sans avoir passé une tenue plus adéquate : un pantalon délavé et troué, une chemise large dissimulant ses formes et un bandana sur sa blondeur. Pas de sac, pas de bijoux : la vie vaut moins cher qu’une montre d’occasion, ici, explique-t-elle.

L’immeuble où elle conduit les Trinités ne tient pas à grand chose. Les poutres et poteaux sont si vétustes que le béton laisse ici ou là voir son armature métallique. Les barreaux interdisant l’accès à certaines fenêtres ne sont plus que des tiges de rouille. À l’intérieur, le délabrement est total. Une maladie inconnue semble avoir rongé le papier peint, alors qu’au sol, le linoléum ne subsiste que sous forme d’îlots sur une mer de ciment friable. Le studio d’Herios se trouve au troisième étage – celui des termites et de la moisissure. Derrière la porte s’étend le sanctuaire d’Herios : à la fois un temple dédié aux divinités aztèques – car c’est ici qu’il avait constitué son « havre d’énergie pure » en vue du rituel d’exorcisme censé purifier le corps de sa femme – et bureau de renseignements. Le résultat est des plus perturbants.
+Dans la plus vaste pièce, un lit à sangles crasseux est installé au pied d’une idole de pierre grimaçante tenant encore dans la cavité de ses mains jointes les restes de sacrifices animaux. Chaque mur est couvert de plaquettes de bois couvertes de symboles, hiéroglyphes et effigies, alors que du plafond pendent une centaine de petits pantins de bois et de paille.
+La cuisine et la salle de bain sont des endroits sordides, où le sang séché et la peau des animaux sacrifiés se mêlent — et se confondent parfois — aux restes pourrissants de repas improvisés. Dans de gros sacs poubelles, des pochettes de plasma et des perfusions vides, des gants en latex usagés, des lames et des aiguilles semblent être issus d’un hôpital de cauchemar.
+Dans la chambre, des cartons d’archives s’empilent, alors que le contenu d’une dizaine de dossiers est réparti sur un bureau en métal à côté d’une simple paillasse puante. L’élément le plus remarquable demeure le pan de mur entièrement couvert de plans de Mexico, et de plusieurs bâtiments, annotés et punaisés dans tous les sens.

En fouillant la chambre, les Trinités obtiennent les informations suivantes:
+En étudiant les papiers répartis sur le bureau, ils retrouvent un dossier les concernant : des photos, prises à New York, ainsi que leurs fiches d’état civil, casier judiciaire et quelques notes concernant leurs faits et gestes.
+Les plans accrochés au mur concernent tous un unique bâtiment, présenté sous différentes échelles et différents points de vue : le palais de Chapultepec. Une analyse rapide de l’ensemble permet de comprendre qu’Herios s’intéressait tout particulièrement à une aile du complexe. Une étude du détail est nécessaire pour saisir ce qui l’intriguait tant : cette partie de l’édifice n’apparaît nulle part, sur aucun plan, dans aucun cadastre. Hors, sur quelques photos punaisées à même le mur, Herios avait immortalisé le manège de camions de transport, frappés du logo de l’Evenanza opérant un va-et-vient nocturne au niveau d’une entrée de parking souterrain y conduisant directement.

Benoît prend des photos du mur, et décide de mettre le feu aux documents s’y trouvant. En les décrochant du mur, il aperçoit un mot écrit en dessous, en lettres de sang, à même le béton : TEZCATLIPOCA.


Le 7 février 2001 : Les Trinités décident d’aller faire un tour au palais de Chapultepec et plus particulièrement l’aile mystérieuse. Celle-ci, située en bordure du Museo de Antropologia, se dissimule derrière de hauts murs couverts de lierre et surplombés de barbelés et de caméras. Benoît décide d’attendre la nuit et de se dissimuler à l’intérieur du parc du musé. De là, il voit le balai incessant des camionnettes venant récupérer des dizaines de bidons marqués d’une tête de mort. La sécurité est jugée trop importante pour pouvoir pénétrer l’intérieur du bâtiment.
Nos héros décident donc de suivre discrètement une des camionnettes.

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La filature les mènera jusqu’au site de Tula, où visiblement, beaucoup de monde s’affaire. Armand et Benoît décident alors de rentrer se coucher et de revenir le lendemain pour visiter le site. Cependant, les connexion commencent à se faire, le site de Tula va accueillir dans quelques jours (le 10 et le 11) la fête des morts, événement idéal pour que Tezcatlipoca utilise son arme : le compte à rebours et lancé.


8 février 2001 : Armand décide de faire quelque recherches sur l’Evenanza, qui ne donneront pas grand chose. Il apprend seulement que c’est une très grosse société, basée à Mexico et spécialisée dans l’événementiel.

Les Trinités se rendent à Tula et s’aperçoivent que le site est fermé au public durant la période de préparation de la fête des morts.

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Benoît, en se faisant passé pour un des gardes de l’Evenanza, parvient à faire le tour du site mais ne trouve aucune trace des bidons, cependant il suspecte une partie de la pyramide dans laquelle il n’a pas pu entrer. Sur ce, il perçoit du karma ténèbres, très faible, émanant d’un type en costard visitant les lieux. Il donne pour mission à Armand de le maitriser lorsqu’il revient au parking.

Après un enlèvement quelque peu brouillon et sanglant, les Trinités se retrouvent e pleine nature à interroger celui qui est visiblement un lige de Tezcatlipoca. L’homme est coriace, Benoît doit employer tous ses talents de tortionnaire pour le faire parler. Il fini par avouer que :
+L’Evenanza prépare, pour la Fête des Morts, un gigantesque festival sur le site des vestiges de Tula. Plusieurs milliers de personnes sont attendues, pour assister aux concerts, feux d’artifices, jeux de lumières et lectures, disséminées en divers points d’intérêt répartis sur les quinze kilomètres du site classé spécialement aménagé.
+Le clou du spectacle sera planté à minuit, dans la nuit du 10 au 11 février, à l’occasion d’un feu d’artifice et d’un concert surprise de Santana. C’est là que Tezcatlipoca, commencera le grand sacrifice…

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Les raisons de sacrifice échappent visiblement au lige, qui est seulement obnubilé par le fait que Tezcatlipoca lui est promis l’immortalité. Quand on lui demande à quoi il ressemble, il répond simplement qu’il n’a jamais vu le visage de son dieu.

Les Trinités, font disparaître le corps ainsi que la voiture est retournent à Mexico, perplexes, elles ne savent par quel bout attaquer cet immense problème.



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Regisrobert

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